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Covid-19 : Le Grand Est fait le point sur la santé

La 9e conférence territoriale de santé s’est déroulée mercredi dernier. Conseillers régionaux et départementaux, médecins, infirmiers, pharmaciens et syndicats médicaux, tous étaient présents pour faire le point sur la crise sanitaire et sur les projets futurs.

Jean Rottner, président du Grand Est a ouvert la séance en évoquant que la crise de la Covid-19 a permis de percevoir les fragilités du domaine médical et de caractériser les problématiques actuelles. Par conséquent, les professionnels de la santé se sont mis d’accord sur les priorités afin d’améliorer le système médical français.

Un manque de structuration face à un état d’urgence

Dès le mois de mars, le Grand Est fut fortement touché par le virus et on a pu percevoir un manque de structuration face à l’état d’urgence sanitaire. Le manque de personnel médical s’est fait ressentir dans les hôpitaux publics et dans les zones rurales de la région. De plus, nous avons pu percevoir  la fragilité de la relation entre les professionnels de la santé avec un manque de lien social dans les hôpitaux, “on a des mondes qui s’ignorent” , a évoqué Thierry Alibert, délégué territorial de l’ARS de la Marne.

Des questions se sont donc posées par la suite. Comment avoir plus de cohésion entre les professionnels de santé ? Comment mieux clarifier et respecter les compétences des spécialistes médicaux ou encore, comment agir et aider les territoires pour tenter d’attirer des professionnels de santé dans la région ?

À l’heure du pic épidémique de la seconde vague, la situation reste contrôlée dans le Grand Est et ses départements. Trois axes de champs d’action se sont précisés à la suite de ces questionnements.

1- Renforcer la coordination ville/hôpital du territoire

“Il faudrait une meilleure communication des relations interprofessionnelles, c’est-à-dire, de meilleurs liens relationnels entre les médecins, les pharmaciens, les infirmiers, les dentistes, les auxiliaires de santé, etc.” , a expliqué Jean Rottner. “La coordination entre tous les acteurs médicaux, c’est ce qu’il manque à la médecine de ville pour travailler ensemble.”, a ajouté Christophe Wilcke, président de l’URPS (Union Régionale de Professionnels de Santé Pharmacien du Grand Est). Un des éléments évoqués lors de la conférence est les CPTS (Communautés Professionnelles Territoriales de Santé) qui se développent sur le territoire pour permettre cette cohésion médicale. Ces organismes ont pour rôle d’associer les professionnels de santé pour répondre à des problématiques médicales communes : organisation des soins non programmés, coordination ville-hôpital, attractivité médicale du territoire, coopération entre médecins et infirmiers pour le maintien à domicile…

Les CPTS accompagnent de nouvelles installations professionnelles, organisent des plages de soins non programmés, créent des consultations avancées et orientent les patients vers un médecin traitant.  Ces CPTS constituent un levier particulièrement prometteur pour la politique d’accès aux soins. Elles incarnent une démarche que l’on peut qualifier de “populationnelle” au sens où l’enjeu est dorénavant pour les professionnels de s’impliquer dans la prise en charge de la population d’un territoire et non plus de patientèles attitrées.

Dans cette coordination, Véronique Guillotin, conseillère régionale du Grand Est a ajouté : “Il est aussi question de coopérer avec les pays frontaliers comme la Belgique, Suisse, Allemagne et le Luxembourg.”

2- Revaloriser les aide-soignants 

“Au CHU de Reims, seulement 30 postes sur 60 sont occupés, il y a 50% de postes vacants chez les infirmiers, le turnover est très important. Travailler la revalorisation des aide-soignants est une priorité.” , a expliqué Dominique De Wilde, directrice générale du CHU de Reims. En effet, pour les infirmiers libéraux et d’hôpitaux, les charges de travail sont éprouvantes, ils ne comptent plus leurs heures, la vie de famille est difficile et le salaire insuffisant par rapport à la charge de travail. 

Jean Rottner a indiqué qu’en France, nous restons encore accrochés à une forme de pouvoir professionnel, “il faut que les médecins arrivent à laisser de la place.” Un accompagnement plus qualitatif avec plus de perspectives de carrière est nécessaire pour les infirmières et pour libérer le médecin sur certaines activités qui peuvent être faites par les infirmiers et les auxiliaires de santé. 

Le second aspect est d’attirer les jeunes diplômés dans les départements du Grand Est qui souffrent d’une désertification des professionnels médicaux. “L’enjeu sur le territoire est de fixer nos futurs internes. Pour cela, il faudrait améliorer leur qualité de vie et celle des territoires, les accompagner dans des projets pour mailler notre territoire en antenne de centres de santé.” , a précisé Thierry Alibert. Les professionnels de santé s’investissent pour cela avec des stages universitaires et montrent la richesse des territoires ruraux qui ont des patients potentiels. Des mesures sont mises en place pour aider les futurs professionnels dans leurs exercices, dans les maisons et centres de santé, avec des contrats locaux, des bourses à la mobilité et d’hébergement dans les territoires ruraux pour les jeunes internes et des lieux d’hébergement.

3— Développer de la télémédecine

La médecine à distance qui a eu du mal à évoluer, mais aujourd’hui qui se développe sur l’aide d’investissement. Selon le code de santé publique (art. L.6316-1), la télémédecine est « une forme de pratique médicale à distance utilisant les technologies de l’information et de la communication. »

Complémentaire aux actes médicaux, « la télémédecine est une autre manière de soigner, avec les mêmes exigences de qualité et de sécurité que des actes classiques. Elle fait évoluer la médecine pour répondre à des défis tels que le vieillissement de la population ou encore le suivi approfondi des maladies chroniques. Elle est également un vecteur important d’amélioration de l’accès aux soins, en particulier dans les zones fragiles. En effet, elle permet une meilleure prise en charge au plus près du lieu de vie des patients et contribue aux prises en charge coordonnées par les professionnels de santé et les professionnels du secteur médico-social. Elle constitue aussi un facteur d’amélioration de l’efficience et de l’organisation des soins. », ministère des Solidarités et de la Santé.

Véronique Guillotin a expliqué qu’il y a une explosion des actes de télémédecine qui sont remboursés par la sécurité sociale, mais pour l’instant il n’y a pas vraiment de grand plan de déploiement uniforme sur tout le territoire. En attendant, « l’idée est d’avoir un catalogue d’actions ou tous les professionnels peuvent en mettre en place en fonction de leurs besoins, des actions adaptées, mais cela ne remplacera pas le contact humain. », a commenté Jean Rottner

Christian Bruyen, président du département de la Marne a conclu en disant : « il faut qu’on arrive au niveau de la région à faire des propositions concrètes et déterminer les pistes essentielles de mobilisation afin de donner des réponses à nos concitoyens. »

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