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Covid-19 : Lorsque les maires doivent gérer la crise

Dès le mois d’avril, les collectivités locales se sont organisées pour accompagner les habitants durant la crise. Distribution de masques, de gel hydroalcoolique, et même de cartouches d’encre… Les maires et les présidents de département avaient retroussé les manches, à un moment où le pays semblait manquer de tout. Aujourd’hui, les masques sont disponibles, mais la précarité grandissante et le coût que cela représente par foyer ont incité de nombreuses institutions politiques à, une nouvelle fois, prendre le relai de l’état.

Le besoin de masques, un sujet toujours d’actualité

Lorsque le gouvernement a annoncé qu’il ne fournirait pas les masques des milliers d’élèves qui s’apprêtent à retrouver le chemin de l’école, Éric Bonnemains, le maire de Villiers-en-Lieu, en Haute-Marne, a été l’un des premiers à réagir. Le 26 août dernier, le maire fraîchement élu a annoncé qu’il s’engageait à mettre à disposition deux masques lavables par lycéens et collégiens du village. « Mon prédécesseur avait anticipé un rebond de l’épidémie, alors on a encore un peu de stock », explique le maire de ce village de près de 1 500 âmes. Lorsqu’on lui demande si c’est le rôle du maire de fournir des masques, il répond simplement que c’est l’entraide qui prime. « On parlait du monde d’après qui devait être mieux, visiblement c’est encore pire, alors si l’on pouvait garder l’esprit de solidarité… »
Alors qu’habituellement chacun s’attache à ses propres compétences. Visiblement, on oublie que les communes sont responsables uniquement des écoles maternelles et élémentaires. Les collèges étant gérés par le département et les lycées par la région.

Des milliers d’euros engagés

Les budgets des communes ont-ils explosé ? Il est certain que toutes ces opérations ont un coût. Pour l’heure, il est difficile d’établir clairement le montant des dépenses engagées. Mais entre les commandes de masques, les opérations de solidarité et les actions menées pour faire face à la crise économique, les communes ont mis la main au portefeuille. Par exemple, en mai dernier, la ville de Saint-Dizier a présenté un plan de relance économique pour ses commerçants où elle injectait 150 000 € dans une opération de chèques cadeaux. Une dépense conséquente qui s’ajoute aux dépenses liées à l’exonération du stationnement payant : 68 000 €, de la publicité et des droits de redevance pour les terrasses : 15 000 €. Au total, Élisabeth Robert-Dehault, en poste au moment du confinement, annonce près de 278 500 € d’engagés pour faire face aux difficultés économiques. Concernant l’urgence sanitaire, la municipalité a acheté pour près de 80 000 € de masques.
Mais est-ce que le budget de Saint-Dizier va exploser ? Du côté de la mairie, la réponse est non. Les finances sont bonnes et une décision modificative a été prise concernant le budget principal de la ville. Il n’y aurait donc pas d’augmentation d’impôts à prévoir…

« On a été bombardés de décrets et d’ordonnances par l’état », Élisabeth Robert-Dehault, maire de Saint-Dizier pendant le confinement.

Les maires se sont retrouvés en première ligne lorsque les hôpitaux saturaient, lorsque les masques manquaient. « Je me souviens de la détresse sociale. Certaines personnes avaient besoin d’aide pour faire leurs toilettes, faire leurs courses. En tant que maire, on avait des obligations : répondre à la détresse sociale et psychologique », confie Élisabeth Robert-Dehault. La cité bragarde a alors pu compter sur les associations locales comme la Protection civile de Haute-Marne, la Banque Alimentaire, Saint-Dizier Boxe 52 ou encore la Croix rouge pour prendre le relai. D’ailleurs, ces dernières ont été indemnisées par une subvention exceptionnelle qui leur a été versée au début de l’été, pour une enveloppe globale de 25 000 €.

Le recours au système D

L’ancienne maire de Saint-Dizier l’assume, « cela a été une fin de mandat compliquée, où il a fallu régler seule de nombreux problèmes. » Le système D a souvent été la réponse. « On s’est rapidement rendu compte qu’il y avait une pénurie de masques alors on a fait appel aux couturières du cœur. Des jours entiers, elles ont confectionné des masques. Mais ça ne répondait pas aux besoins devenus rapidement trop importants. »

Et maintenant ?

Maintenant, les yeux sont rivés vers l’économie locale. « C’est ce qui m’inquiète le plus aujourd’hui. Ça a été un vrai coup dur pour les entreprises d’être mises à l’arrêt. Quand les chaînes de production étaient bloquées, c’est le transport qui était paralysé. On va sentir les conséquences, d’autant que les difficultés sont toujours là. » Mais à ce niveau-là, à Saint-Dizier on ne se leurre pas, la ville ne pourra pas faire de miracle.

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