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Saint-Dizier : Devenir parents pendant le confinement

Au plus haut de l’épidémie de covid-19, le grand défi du GHT Cœur Grand Est a été de maintenir ses activités essentielles, parmi elles la maternité. Un défi d’autant plus grand que la maternité du Centre hospitalier de Saint-Dizier couvre un large secteur puisque les maternités de Vitry-le-François et de Bar-le-Duc ont fermé ces dernières années. Pendant les deux mois de confinement, environ 120 bébés sont nés en terre bragarde. Mais alors, qu’est-ce qui a changé pour ces futurs parents qui n’auraient sans doute jamais imaginé donner la vie dans de telles circonstances ?

D’abord, il a fallu que les équipes médicales s’adaptent. « Pour les échographies et les consultations nécessitant un examen clinique, nous avons réorganisé les rendez-vous en les espaçant afin que les patientes ne se croisent pas. », explique Mylène Gouverneur, cadre sage-femme supérieur de santé. Aussi, les autres rendez-vous comme l’inscription à l’hôpital et avec l’anesthésiste ont été faits par téléphone. Enfin, les cours de préparation à l’accouchement ont été contraints d’être annulés. Mais pour les familles, l’inquiétude était surtout pour le grand jour. « Avec le virus, j’avais d’abord peur d’accoucher de mon premier enfant sans mon conjoint », nous confie Mathilde, qui a donné naissance à son premier enfant au mois d’avril. De plus, cette future maman travaille dans le milieu hospitalier, elle connaissait bien les conditions de travail de ses consœurs et confrères. « Je craignais qu’il n’y ait pas d’anesthésistes pour poser la péridurale, vu qu’ils étaient beaucoup réquisitionnés en réa pour les intubations. » Pour Aymeric, l’heureux papa d’une petite fille née au mois de mai, l’inquiétude a elle aussi été grande. « À un moment, on a même eu peur de devoir accoucher à la maison suite aux différentes évolutions négatives de l’épidémie », explique-t-il. Des interrogations justifiées, puisque l’accompagnant n’a pu être présent que deux heures après l’accouchement. « Le plus dur c’est après l’accouchement finalement… Le papa n’a pu rester que deux heures et il n’est revenu que deux jours après. Alors, déjà qu’avec la chute d’hormones je pleurais pour rien, je vous laisse imaginer ! », raconte Mathilde. Les visites étaient interdites. Alors, les grands-parents ont fait connaissance avec leur petit-fils à travers un téléphone. Néanmoins, pour réunir le plus rapidement possible les parents, l’hôpital avait mis en place un système de sortie précoce avec un retour à la maison en 48 h pour les accouchements par voie basse et en 72 h pour les césariennes.

Mais, comment les parents ont vécu cette journée ? Le GHT Cœur Grand Est a dû résoudre un casse-tête pour organiser ses effectifs et offrir une prise en charge optimale aux futures mamans. Mais là encore, les expériences sont différentes. Pour Mathilde, l’équipe a été « super, très gentille et à l’écoute ». Pour Aymeric, qui a dû faire plus de 30 minutes de route pour se rendre à la maternité, les conditions si particulières se sont ressenties. « Le manque d’effectif s’est quand même senti… Il n’y avait qu’un seul anesthésiste pour l’hôpital le jour-là. Et, je ne sais pas si ce sont les circonstances, mais on a senti un manque d’empathie pour un premier accouchement, qui plus est compliqué… », nous confie-t-il.

Aujourd’hui, avec le déconfinement enclenché depuis le 11 mai dernier, les règles se sont un peu assouplies. En effet, il est désormais possible de rester aux côtés de sa compagne même s’il faut respecter quelques mesures de sécurité. Par exemple, il faut remplir un questionnaire à propos du virus, se laver les mains au gel hydroalcoolique, porter une blouse, un masque, des sur chaussures. Mais qu’importe pour les futurs parents qui sont très heureux de vivre ce grand moment ensemble.

 

 

 

 

 

 

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