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Vers un report des élections départementales ?

Le calendrier électoral prévoit que les prochaines élections départementales auront lieu en mars 2021. Pourtant, pour certains élus, le contexte sanitaire et économique n’est pas propice à faire campagne. Ils demandent alors un report de ces élections au mois de juin.

Nicolas Lacroix adresse sa demande de report au Premier ministre

En début de semaine, Nicolas Lacroix, le président du Conseil départemental de Haute-Marne a adressé une tribune à Jean Castex, publiée dans Le Figaro où il demande expressément le report des élections départementales au printemps prochain. Sept présidents de département se sont associés à cette requête, parmi eux Claude Léonard le président du département de la Meuse. Cette idée est venue à la suite de la dernière réunion de l’association des départements de France. « Les enjeux sont d’organiser une campagne électorale dans des conditions optimales », rapporte Claude Léonard.

Dans cette tribune, intitulée « Pour une relance indispensable et une démocratie respectée », deux principaux arguments sont mis en évidence. D’abord, la crainte que le scénario des élections municipales de mars dernier ne se répète. « On a bien vu ce que cela a donné. Les gens avaient peur d’aller voter et je les comprends », confie Laurent Gouverneur, conseiller départemental en Haute-Marne. Il faut dire qu’en pleine crise sanitaire, ces élections qui sont d’ordinaire chères aux Français ont enregistré un taux d’abstention record. Exemple à Saint-Dizier où les 70 % d’abstention ont été frôlés lors du premier tour… À cela s’ajoute la difficulté de lier campagne et gestes barrières, pour les sept signataires « la tenue d’un débat démocratique digne de notre république est impossible » dans ces conditions de crise sanitaire. Enfin, les départements disent préférer se concentrer sur les priorités imposées par leur fonction dans ce contexte, indiquant alors que « cette modification permettrait à la fois de sortir de l’urgence de la réponse que nous devons apporter à la crise sanitaire sociale et économique que nous traversons. »

Deux élections pour le prix d’une

Les élus départementaux pointent l’incohérence d’une double élection qui ne relève pas des mêmes enjeux. En effet, les élections régionales et départementales sont prévues le même jour, ce qui nécessitera une certaine préparation. D’abord au niveau logistique, ce qui inquiète d’ailleurs certains élus. « Ce qui pose aussi problème si les élections départementales sont couplées avec celles de la région le même jour, c’est qu’il va falloir organiser deux bureaux de vote, dans deux salles différentes. Or, dans beaucoup de petites communes, ça sera impossible et cela va provoquer une promiscuité trop dangereuse pour les votants », nous confie le président de la Meuse. Aussi, mêler les enjeux de ces deux élections inquiète le président. « Le message que l’on veut faire passer pour le département et celui que l’on veut faire passer à l’échelle nationale sont complètement différents », explique-t-il.

Le report est-il vraiment envisageable ?

Juridiquement, oui. L’expérience a montré que la loi permettait au Président de la République de décaler les élections. Comme en mars dernier, il faudrait qu’une loi passe en conseil des ministres, à l’Assemblée et au Sénat et, bien sûr, prolonger le mandat des élus déjà en place. Emmanuel Macron a donc encore quelques semaines pour y réfléchir. D’ailleurs, selon nos confrères du journal Le Monde, même si le sujet n’a pas été évoqué lors de son interview télévisée de mercredi dernier, le chef de l’État « fait plus qu’y réfléchir ».

Et les électeurs dans tout ça ? C’est eux qui devront se rendre aux urnes. Dans les rues de Saint-Dizier, ce jeudi matin, l’idée du report semble séduire unanimement. « Je trouve ça prudent, avec ce qui arrive en ce moment (…) Je pense que ce n’est pas le moment de tout prendre à la légère, faut pas se précipiter  », « Souvenez-vous, on a fait les élections et on a eu plein de malades du Covid-19, alors c’est bien de les décaler », pouvait-on entendre à notre micro.

À moins de cinq mois des élections, la question reste en suspens. À voir si, sans réponse de l’exécutif, les départements se plieront au jeu d’une campagne sans réunion publique ni serrage de mains dans les allées des marchés.

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