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Violences à l’école : une maman bragarde appuie sur le bouton d’alerte

Dans les cours d’école, les enfants jouent, les enfants crient mais les enfants se chahutent aussi. Où est la frontière entre la petite bagarre du « maîtresse il m’a tiré les cheveux » et les coups qui deviennent dangereux ?

C’est toute l’ambiguïté de cette affaire qui a fait grand bruit sur les réseaux sociaux. Il y a quelques semaines, le beau-père de Maelyse est allé chercher à l’école la petite fillette de 4 ans. Quand il la récupère, à l’école maternelle Michelet de Saint-Dizier, il remarque qu’elle est marquée en dessous de l’œil. Le maître lui explique directement qu’elle a reçu un coup de la part d’un de ses camarades. En effet, au moment de la récréation les deux enfants se sont retrouvés dans les toilettes de l’école et selon les dires de Maelyse, le garçon lui aurait cogné la tête contre le lavabo. La maman de la petite, choquée de retrouver sa fille marquée ainsi s’est empressée de partager sur les réseaux sociaux son témoignage. Pour elle, c’est claire et net, il y a eu un problème de surveillance de la part de l’école. « Le garçon en question est connu pour être violent, mais s’ils étaient mieux surveillés, cela aurait pu être évité. » nous affirme la maman qui est venue directement à notre rencontre.

Un post facebook et tout s’embrase…

Le post facebook a eu l’effet d’une bombe : 1 200 partages, plus de 500 commentaires et réactions. Ce témoignage a fait l’objet de commentaires très violents, visant directement l’enseignant en question : « Les maîtresses ne voient rien et n’entendent pas, elles ne veulent pas salir leurs belles petites mains de fonctionnaire », « L’assistance sociale et la maîtresse devraient être punis », ou encore « La maîtresse je la massacre. Saloperie ! » Des commentaires très virulents que déplore l’Inspecteur de Saint-Dizier. Cependant, le corps enseignant, resté jusque là silencieux n’a pas souhaité porter plainte.

Nous avons cherché à joindre la direction de l’école Michelet qui n’a pas souhaité donner suite à nos sollicitations et nous a demandé de nous tourner vers l’Inspection académique bragarde. Une fois le rendez-vous pris nous avons pu échanger avec Frédéric Bonard, inspecteur de l’éducation nationale. Il a tenu à nous affirmer qu’il ne minimisait pas les faits et déclare : « je suis sincèrement désolé de voir ce qu’il est arrivé à cette petite. Bien sûr que lorsque l’on est parent on redoute que son enfant prenne un coup. Mais je vous confirme que la surveillance est bien effective dans cet établissement. »

Police, convocations… et peut être des solutions ?

La maman a choisi de ne pas en rester là. Le soir même, la petite fille a consulté son médecin traitant pour que la famille obtienne des certificats. Le premier, en date du 21 novembre, fait état de « plaie superficielle, rougeur et oedème à la joue droite. » Le second, lui daté du 26 novembre atteste que « son état de santé ne lui permet pas de reprendre sa scolarité tant qu’elle n’aura pas changé d’établissement. » Elle a aussi décidé de s’en référer aux forces de l’ordre en déposant une main courante contre le petit garçon, auteur des coups.

Elle a ensuite demandé un rendez-vous avec l’école et l’inspection académique. Le beau père, n’étant pas légalement le tuteur légal de l’enfant n’a pu assister à cet échange. Une situation incompréhensible, qui a entraîné la colère du couple : « Je viens la chercher à l’école, on ne me demande pas si je suis le tuteur légal, mais là bizarrement ça posait problème. » Le beau père de Maëlyse n’a pas pu s’empêcher de retenir sa colère et a eu recours à quelques propos vulgaires. Ce qui lui a valu une convocation à la Police, ainsi qu’un avertissement.

Lors de cette entrevue, les deux camps ont pu exposer leur argument. D’un côté, l’inspection aurait expliqué à la maman qu’il n’était pas nécessaire de porter plainte pour ce genre de faits. De l’autre, la maman avait surtout envie de trouver un moyen pour changer sa fille d’école. La petite confie à ses parents avoir peur d’y retourner suite au coup qu’elle a reçu. A cela, l’inspection répond que le changement d’établissement n’est pas une solution satisfaisante, et que cela risquerait plutôt de bousculer les repères de la fillette de 4 ans. Il assure que « tout est mis en œuvre pour que Maëlyse réintègre le plus rapidement possible sa classe. »

« Je ne veux pas remettre ma fille dans cette école »

Les parents sont déterminés à changer Maëlyse d’école. Mais est-ce aussi simple, surtout en cours d’année ? Cette décision est du ressort de la municipalité qui gère les inscriptions et les places disponibles, mais aussi d’un comité pédagogique dans lequel l’inspection académique siège. La décision a justement été rendue hier  : Maëlyse n’est pas autorisée à changer d’école. La dérogation a été refusée, une autre solution a été proposée : changer la fillette de classe. Cette proposition ne convainc pas les parents. Désemparés, ils ont décidé de se tourner vers les écoles privées qui sont elles aussi pleines à craquer. « On a essayé toutes les solutions, je ne sais plus quoi faire… Pour moi, il est impossible qu’elle réintègre cette école ! » nous confie Katia, la maman.

Cette affaire reste néanmoins complexe et interroge. Dans ce genre d’affaire, qui faut-il incriminer ? L’enseignant est-il en capacité de surveiller les faits et geste de la vingtaine d’enfants sous sa coupe ? Cela relève-t-il de la responsabilité des parents de l’enfant qui tape ? Les parents pourraient-ils avoir le choix de changer leur enfant d’école s’ils jugent cela nécessaire ? Les avis divergent, mais pendant ce temps, cela fait quinze jours que Maëlyse fait l’école buissonnière.

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