Cette affaire, qui avait profondément marqué la région de Vitry-le-François en 2022, vient d’être jugée cette semaine aux assises de l’Yonne.
Le procès de l’affaire Anaïs, a secoué la justice durant 4 jours à Auxerre. Après plusieurs jours d’audience marqués par de nombreux témoignages et analyses, les jurés ont délibéré ce jour et ont rendu leur verdict.
Rappel des faits
Les faits remontent à avril 2022, lorsque la petite Anaïs, âgée de 9 ans, est retrouvée morte dans un terrain de Loisy-sur-Marne, à 6 kilomètres de Vitry-le-François. Sa mère, Nathalie Lerouge, avait retourné une arme contre elle après avoir tué sa fille. Cette affaire trouve son origine quelques mois plus tôt, en février 2022, lorsque les parents de la petite, Jérôme Mauvais et Nathalie Lerouge, alors en fuite, avaient enlevé l’enfant placé sous la protection de l’Aide sociale à l’enfance d’Auxerre.
Un procès éprouvant et des révélations glaçantes
Tout au long des audiences, le procès a révélé les conditions de vie terribles d’Anaïs et l’instabilité de ses parents. Le huis-clos dans lequel elle vivait a été décrit comme oppressant, marqué par des tentatives répétées d’échapper aux services sociaux. Lors des témoignages, il a également été révélé qu’Anaïs aurait subi des abus sexuels, un élément qui a profondément marqué la cour.
En 2019, après un premier enlèvement par ses parents, Anaïs avait été replacée en foyer. Mais en février 2022, alors que son éducatrice l’accompagnait dans un fast-food, elle avait été enlevée une nouvelle fois par ses parents. Ils avaient alors trouvé refuge dans un camping-car insalubre en cavale, jusqu’à ce que les gendarmes de la Marne les retrouvent en avril 2022, au moment du drame.
La mère d’Anaïs, Nathalie Lerouge, voyant les forces de l’ordre se rapprocher, avait tué sa fille avant de retourner l’arme contre elle et de se suicider. À ce moment-là, Jérôme Mauvais avait été retrouvé prostré dans un coin de la caravane.
Après 4 jours aux assises de l’Yonne, le verdict est tombé
Jérôme Mauvais a été condamné à 18 ans de réclusion criminelle pour “arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire suivie de mort” et “violence en réunion” sur l’éducatrice d’Anaïs. Il est également frappé d’une peine d’inéligibilité de 10 ans et d’une interdiction de porter ou détenir une arme pendant 15 ans. À l’annonce de cette condamnation, il est resté silencieux, la tête baissée, sans manifester d’émotion. La veille, le père de la fillette a admis l’agression de l’éducatrice et l’enlèvement de sa fille, mais a nié toute implication dans le meurtre “Je reconnais l’agression et l’enlèvement, mais pas le meurtre”, a-t-il déclaré en lisant une lettre qu’il avait rédigée.
D’autres personnes également condamnées
Kevin Lerouge, demi-frère d’Anaïs, a été condamné à quatre ans de prison, dont trois avec sursis simple, pour complicité d’enlèvement et de séquestration. Il écope également de 10 ans d’inéligibilité et de 15 ans d’interdiction de port et de détention d’armes. Thierry Picard, un proche du dossier, est quant à lui, condamné à trois ans de prison, dont deux avec sursis, pour complicité de séquestration, mais a été jugé non coupable de complicité d’enlèvement. Lui aussi se voit infliger une interdiction de port et de détention d’armes pendant 15 ans et une peine d’inéligibilité de 10 ans.
Aucun mandat de dépôt n’a été prononcé à l’encontre de Kevin Lerouge et Thierry Picard, ce qui signifie qu’ils ne seront pas immédiatement incarcérés et que leurs peines pourront être aménagées.