Le sujet est désormais sur les bancs de l’Assemblée Nationale. Alors que la réforme des structures d’urgence suscite de vifs débats dans les territoires, le cas de Vitry-le-François a été brandi par le député de la 5ᵉ circonscription de la Marne, Charles de Courson, dans l’hémicycle. Une pétition avait été lancée la semaine dernière.
Le député a interpellé le gouvernement
Ce mardi 1ᵉʳ avril, lors d’une séance de questions au gouvernement, le député Charles de Courson a profité de son temps de parole pour évoquer la situation des services d’urgence en ruralité, notamment à Vitry-le-François. Il s’est appuyé sur le décret du 25 février 2021, qui prévoit la possibilité de transformer certains services d’accueil en antennes médicales d’urgence ou antennes SMUR (Structure mobile d’urgence et de réanimation). Le député a demandé à la ministre de la Santé, Catherine Vautrin, si elle comptait intervenir auprès des ARS (Agences Régionales de Santé) pour garantir une ouverture 24h/24 des urgences dans les petites villes.
Le député a souhaité mettre en garde contre une possible réduction de l’amplitude horaire à 12 heures par jour, qui selon lui fragiliserait l’égalité d’accès aux soins et mettrait en danger les patients, particulièrement en cas d’AVC (Accident vasculaire cérébrale), de crise cardiaque ou d’accident grave. D’après lui, cette évolution risquerait d’accentuer la concentration d’activité vers les grands centres hospitaliers, au détriment des établissements en zone rurale.
Une décision attendue en juin
En réponse, le ministre délégué à la Santé, Yannick Neuder s’est montré rassurant sur la situation :
Je tiens à vous rappeler qu’il n’y a aucune décision de prise concernant les urgences de Vitry-le-François.
Un rappel qui avait été confirmé par Arnaud Mongeville, directeur de l’hôpital de Vitry-le-François le 28 mars dernier :
Nous souhaitons un statu quo pour le service d’urgences, mais je pense qu’il faut faire attention au côté trop alarmiste de la situation et ne pas tout mélanger : pour l’instant, rien n’est fait.
Le ministre délégué à la santé a également précisé que la situation serait examinée par une commission d’experts, en lien avec les élus locaux et parlementaires. Le ministre a toutefois rappelé les tensions nationales liées au manque de professionnels de santé, et plaidé pour une réflexion « posée et diplomatique » sur l’organisation des urgences.
Selon le directeur de l’hôpital vitryat, Arnaud Mongeville, et le maire de Vitry-le-François, Jean-Pierre Bouquet, une décision de l’ARS Grand Est est attendue pour le mois de juin. Tous deux se sont déjà prononcés en faveur du maintien des urgences en l’état. Une position soutenue par une pétition lancée par la municipalité, qui a déjà réuni plus de 3 300 signatures depuis sa publication le 20 mars.